
Le Burundi, un pays sans liberté économique pratiquement
Par Dieudonné Ndanezerewe
Le Think Tank américain, » The Heritage Foundation » dans l’intitulé « l’index of Economic Freedom 2025 » publié le 4 mars de cette année, a classé le Burundi à la 170 ème place parmi les 176 pays du monde sans liberté économique.
Ce classement a été réalisé à l’aune des 12 indicateurs regroupés en quatre grandes catégories, à savoir:
L’Etat de droit, la prépondérance, l’efficacité réglementaire et l’ouverture aux marchés.
La moyenne des notes obtenues dans chaque catégorie a permis d’obtenir un score global de liberté économique sur base des scores obtenus de 0 à 100.
Les pays considérés comme économiquement libres sont ceux ayant alors enregistrés les scores les plus élevés situés entre (80 et 100), tandis que les pays dits répressifs en la matière enregistrent des scores inférieurs à 50 points.
Pour cette édition 2025, les données collectées couvrent la période allant du 1ère juillet 2023 au 30 juin 2024.
Le Burundi est donc plus répressif économiquement selon ce classement, car il enregistre un pourcentage de loin inférieur à 50%, suivi par l’Érythrée, le Soudan et le Zimbabwe.
En Afrique, le pays qui enregistré un score satisfaisant est l’île Maurice.
Selon toujours The Heritage Foundation, cet Etat insulaire de l’ocean indien occupe la 15ème place au niveau mondial et la première au niveau africain. Il a vu son score augmenté pendant cette édition, de 3,5 % pour s’etablir à 75 points par rapport à celle de 2024.
Il est suivi à l’échelle continental par le Botswana qui occupe le 23ème rang mondial, pendant que dans les pays de la Communauté Est Africaine, la Tanzanie vient en tête, occupant le 92ème rang mondial.
Selon Faustin Ndikumana, au regard des critères de classement, le Burundi est mal classé en raison de plusieurs facteurs.

D’après lui, ce qui dit liberté économique signifie la liberté d’entreprendre, d’investir et de créer une entreprise dans un endroit qu’on désire selon les facultés et les potentialités. Il déplore malheureusement plusieurs entraves qui limites cette liberté économique dans le pays ayant beaucoup de potentialités des affaires.
Il dénonce par exemple, « le contexte politique ou diplomatique qui limite le commerce transfrontalier ».
Il pointe également le problème de discrimination et des considérations politiques parfois pour permettre à quelqu’un d’obtenir des avantages, sans oublié les considérations liées aux barrières non tarifaire dans les tracasseries administratives notamment les dédouanements.
Ce défenseur des droits humains dans les affaires économiques, dénonce en plus l’inertie de la justice burundaise dans la protection des investisseurs.
Il évoque par exemple les mesures prises par les autorités notamment la limitation des espaces de circulation pour les motars qui ne respecte aucune loi, et la justice burundaise est muette à ce sujet.
Il parle également de la mesures imposée aux agriculteurs de vendre leurs productions à ANAGESSA, tous cela selon Ndikumana limitent la liberté économique.
Or, la liberté économique donne selon lui des avantages: « Elle permet de libérer les talents, de garantir l’esprit de créativité, le goût du risque et garantie même la création de richesses », a-t-il informé.
« C’est dans le sens même de l’intégration régionale qu’on essaie d’élargir le principe de liberté économique en essayant d’eliminer certains barrières », a t-il ajouté.
Au nom de son organisation, Parole et Action pour le Réveil des Consciences et l’Evolution des Mentalités, PARCEM, il demande la tenue urgente d’une réunion de réflexion pour voir tous les facteurs qui limitent la liberté économique au Burundi, afin d’attaquer le taureaux par les cornes.