
Financement de la Digitalisation au Burundi par l’Union Européenne
Par Dieudonné Ndanezerewe
L’Union Européenne (UE) s’engage activement dans le financement de projets de digitalisation au Burundi.
Un projet majeur, intitulé « Donner aux burundais les moyens d’acquérir des compétences numériques et entrepreneuriales pour des opportunités d’emplois actuelles et futures », a été lancé le 14 mars 2025.
Ce projet financé à hauteur de 400 milles Euros, et qui sera exécuté dans une période de trois ans vise en particulier la jeunesse.
Un investissement stratégique qui arrive à un moment critique pour le pays, étant donné que la numérisation et l’autonomisation des jeunes sont déjà devenues des approches novatrices intégrées comme des solutions pour relancer l’économie du Burundi actuellement languissante.
Le projet sera mis en oeuvre par le consortium des organisations locales telles que la Chambre Transversale des jeunes entrepreneurs au Burundi (CTJEBU), une des chambres qui compose la chambre fédérale des industries du Burundi, Burundi Business Incubator(BBIN), Hitech solutions, HS et Digital Learning Hub ainsi que les organisations oeuvrant à l’extérieur comme CFTC basée en Belgique, un incubateur basé à Luxembourg et l’université Maastricht basée aux Pays-Bas.

« Aujourd’hui, les jeunes burundais se lancent dans le business sans expérience pratique dans le domaine digital. Ils rencontrent autant de défis liés à la pratique, du fait que même dans les écoles, le temps dédié à la théorie surpasse celui de la pratique », a déploré Moise Yamuremye directeur exécutif de CTJEBU.
Selon toujours Yamuremye, c’est l’ensemble de tous ces défis qui a motivé ces organisations à initier ce projet.
Avec celui-ci, des mentors diversifiés viendront former en pratique les enseignants et les jeunes dans le domaine du digital.
L’objectif général du projet est d’accélérer la transformation numérique au Burundi en tant que source d’emplois, notamment en soutenant le développement de l’économie numérique dans le pays.
Il s’agit d’une part de promouvoir une main-d’œuvre qualifiée capable de prospérer dans une économie numérique grâce au renforcement des compétences numériques conformément aux exigences des entreprises, ont fait savoir les participants.
D’autre part, ajoutent ils, la numérisation sera utilisée pour contribuer dans l’amélioration du climat des affaires et de l’investissement.
Autrement dit, les compétences numériques des jeunes seront développées dans le cadre de l’instauration d’un environnement propice à l’innovation et à l’entrepreneuriat.
Il s’agira également d’une occasion selon Yamuremye d’encourager une forte participation des femmes et des filles à travers des actions dédiées à la jeunesse.
Grâce à cette approche, ces dernières auront désormais une meilleure égalité d’accès à la formation aux compétences numériques qui visent à améliorer l’accès équitable au marché du travail malgré les barrières culturelles, indique Yamuremye.
Pays jeune, le Burundi a une population dont 70 % sont des jeunes. Cette dominance démographique présente des opportunités, mais aussi des défis majeurs en matière de création d’emplois.
Ce projet de digitalisation intervient dans un contexte où le taux de chômage des jeunes au Burundi est alarmant, atteignant plus de 65%, malgré les efforts de l’État et des ONGs pour améliorer la situation.
Malheureusement, prévient Yamuremye, bien que les efforts de l’État et des ONGs soient déployés, ils ne suffisent pas encore à résoudre ces problèmes en totalité.
Selon un recensement réalisé en 2020, environ 400.000 jeunes diplômés sont sans emploi, tandis que le gouvernement n’emploie au total que 120.000 fonctionnaires.