
Le Niger se retire de l’Organisation Internationale de la Francophonie
Par Jean Claude Kantore
Le gouvernement de la republique du Niger a officiellement annoncé hier 17 mars, son retrait de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Cette décision marque une nouvelle étape dans la reconfiguration des alliances internationales du pays, déjà marquée par une rupture progressive avec la France et d’autres institutions occidentales, selon les observateurs.
Tout d’abord, le retrait du Niger de l’OIF trouve ses origines dans la crise politique qui a secoué le pays depuis 2023, lors du coup d’État militaire.
Ce jour-là, le président démocratiquement élu, Mohamed Bazoum a été renversé par les forces armées nigériennes.
Plusieurs organisations internationales, dont l’OIF, ont réagi en suspendant le Niger de leurs instances, exigeant de plus le rétablissement de l’ordre constitutionnel et la libération du président déchu.
Par ailleurs, en octobre 2023, lors du Conseil permanent de la Francophonie, l’OIF a décidé de suspendre le Niger de ses instances, invoquant la violation des principes démocratiques et des droits de l’homme. Cette suspension a été perçue par les nouvelles autorités comme une ingérence étrangère.
Ainsi, le gouvernement nigérien a riposté en annonçant son retrait total de l’organisation.
De plus, cette décision s’inscrit dans un contexte plus large de rupture avec la France et ses institutions partenaires.
En effet, en septembre 2023, le Niger avait déjà dénoncé les accords de coopération militaire avec la France et a d’ailleurs exigé le départ des troupes françaises qui stationnaient sur son sol.
Dans cette logique, le retrait de l’OIF apparaît comme un prolongement naturel de cette politique d’émancipation vis-à-vis des anciennes puissances coloniales, a écrit le journal lemonde.
En ce qui concerne les conséquences, le départ du Niger de l’OIF pourrait avoir des répercussions importantes sur la coopération éducative, culturelle et économique du pays avec les nations francophones, selon les observateurs.

L’OIF finance divers projets de développement dans les États membres, notamment dans le domaine de l’éducation et de la formation professionnelle.
Ainsi, la fin de cette coopération va freiner les programmes en cours d’exécution, financé par cette organisation.
Néanmoins, les spécialistes du Sahel yrouvent que les nouvelles autorités nigériennes semblent prêtes à assumer cette rupture. D’ailleurs, elles privilégient désormais des alliances avec d’autres partenaires internationaux, notamment la Russie, la Chine et certains pays africains qui partagent leur vision souverainiste.
Enfin, il convient de noter que le Niger n’est pas le premier pays à quitter l’Organisation internationale de la Francophonie.
En 2014, la Thaïlande a été exclue temporairement de l’OIF après un coup d’État militaire, mais son retrait définitif n’a jamais été officialisé. De plus, en 2016, le Burundi avait menacé de quitter l’OIF en raison de tensions diplomatiques, bien qu’il soit resté membre.
En 2022, le Mali et le Burkina Faso ont été suspendus de l’organisation après des coups d’État, mais n’ont pas officialisé leur retrait.
Ainsi, le cas du Niger est l’un des plus marquants, car il s’agit d’un départ volontaire et assumé, illustrant une dynamique plus large de redéfinition des alliances en Afrique francophone.