Enfin, une rencontre historique entre Kagame et Tshisekedi, l’Est de la RDC au bout du cauchemar
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Enfin, une rencontre historique entre Kagame et Tshisekedi, l’Est de la RDC au bout du cauchemar

Par Jean Claude Kantore

Une réunion d’une importance capitale s’est tenue à Doha, au Qatar hier 18 mars entre le président de la République démocratique du Congo (RDC) Félix Tshisekedi et du Rwanda, Paul Kagame sous l’égide de l’Emir du Qatar Sheikh Tamim bin Hamad Al Thani, selon un communiqué final de la réunion dont nôtre rédaction a consulté.

Cette rencontre, tenue secrète du début à la fin avait pour objectif de trouver une issue au conflit dévastateur qui sévit dans l’est de la RDC depuis plusieurs mois.

Depuis le début de l’année, les rebelles du M23, soutenus par le Rwanda selon des sources onusiennes, ont intensifié leurs offensives, s’emparant successivement des villes stratégiques de Goma en janvier et de Bukavu en février. Ces occupations ont exacerbé une crise humanitaire déjà critique, avec plus de 7 millions de personnes déplacées et des violations massives des droits de l’homme signalées dans la région selon le haut commissariat des droits de l’homme.

La réunion de Doha intervient dans un contexte où les tentatives précédentes de négociations ont échoué. Cependant, les pourparlers prévus à Luanda, en Angola, ont été annulés après le retrait du M23, suite aux sanctions infligées par l’Union Européenne à l’endroit des hauts responsables de ce mouvement.
Face à cette impasse, l’émir du Qatar a pris l’initiative de réunir en tête à tête les deux chefs d’Etats pour faciliter le dialogue et œuvrer en faveur d’une solution pacifique.

À l’issue de cette rencontre, les deux chefs d’Etats qui se toiser jusque là avec hostilité se sont engagés à un cessez-le-feu immédiat et inconditionnel, indique le communiqué signé conjointement.
Cette engagement doit être conforme aux accords précédemment établis lors du sommet conjoint de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) et de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) tenu à Dar es Salaam, en Tanzanie, le 8 février.

Ils se sont également convenus de poursuivre les discussions initiées à Doha afin d’établir des bases solides pour une paix durable, en s’appuyant sur les processus intégrés de Luanda et de Nairobi.

La communauté internationale a accueilli cette annonce avec optimisme prudent. Les Nations Unies qui enquêtent par exemple sur les atrocités commises par toutes les parties impliquées dans le conflit, ont salué cette initiative, mais insistent sur la nécessité de traduire ces engagements en actions concrètes sur le terrain.
De leur côté, la population locale, épuisées par des années de violence, espèrent que cette fois-ci, les promesses de paix se matérialiseront réellement.

Malgré cet avancé diplomatique, de nombreux défis subsistent selon les observateurs. Le M23, qui contrôle actuellement une portion significative du territoire dans l’est de la RDC, n’a pas encore officialisé sa réaction à cet appel au cessez-le-feu, non plus sur cette rencontre entre Kagame et Tshisekedi.

L’implication du Qatar dans cette médiation souligne la volonté de l’émir Sheikh Tamim bin Hamad Al Thani de jouer un rôle actif sur la scène diplomatique internationale.
Connu pour ses efforts de médiation dans plusieurs conflits, le Qatar apporte une nouvelle dynamique aux négociations, offrant une plateforme neutre pour les discussions et démontrant également l’importance de l’engagement international dans la résolution des crises régionales.

La rencontre de Doha représente une lueur d’espoir pour l’est de la RDC. Cependant, la concrétisation de cette paix nécessitera des efforts soutenus, une volonté politique réelle et la coopération de toutes les parties impliquées.

Par ailleurs, les pourparlers qui étaient prévus le même jours du 18 mars à Luanda entre Kinshasa et les représentants de l’Alliance Fleuve Congo (AFC)/M23 ont été boycottées par le M23, qui dénonce un manque de considération à son égard. Il a par la suite exigé la levée des sanctions internationales contre ses dirigeants avant toute négociation.

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